L’Allemagne réclame du cuivre
En 1941, la France occupée supporte le lourd impôt de guerre imposé par l’Allemagne. Au même moment, l’armée allemande consomme d’immenses quantités de cuivre, notamment pour fabriquer les douilles de ses munitions.
L’Allemagne se tourne alors vers la France. Le maréchal Pétain, qui dirige le pays depuis l’armistice, répond à la demande en organisant une vaste campagne de collecte.
Une collecte présentée comme française
Le régime affirme publiquement que ces collectes servent les intérêts de la France, en particulier ceux de l’agriculture. Mais les métaux sont revendus à une société allemande qui produit des munitions pour l’armée nazie.
Les méthodes deviennent de plus en plus étonnantes : poignées de porte, comptoirs de bars et alambics de distilleries sont concernés. Le régime propose même d’échanger du vin contre du cuivre.
Les statues lyonnaises disparaissent
Une commission est créée dans chaque département pour sélectionner les statues et monuments métalliques à refondre. Un montage administratif et financier complexe masque la véritable destination du métal, révélée plus tard par les recherches historiques.
À Lyon, au moins seize statues sont enlevées et vendues à l’Allemagne. La statue d’Édouard Thiers, place Raspail, fait partie des bronzes désignés pour être fondus en 1942.

Les niches vides racontent encore la guerre
Les traces de cette politique restent visibles dans le patrimoine lyonnais. Certaines niches sont demeurées vides, comme celle associée à Auguste Burdeau, figure lyonnaise dont le monument a été fondu pendant la guerre.
Ces absences racontent une histoire de Lyon moins connue : celle d’un paysage urbain amputé de ses bronzes. Woyaka invite à regarder ces détails pour comprendre comment la Seconde Guerre mondiale a aussi transformé les rues de la ville.

